Bilan du début de saison et perspectives 2023
Mis en ligne le 11 janvier 2023 - Temps de lecture : 5 minutes.
Promu en CN2 l'été dernier après un exercice exceptionnel en CN3, le Racing a réalisé une première partie de saison 2022-2023 quasi-parfaite, dans la droite lignée de la précédente. Loin de se limiter à un parcours de promus qui se battraient pour le maintien, les joueurs ont réalisé une entame de championnat autoritaire, avec sept victoires et deux nuls dans les neuf premières journées, en réussissant quelques cartons au passage. Après une première - et pour l'instant unique - défaite concédée à Blois, elle a ensuite parfaitement négocié les deux matches au sommet contre Poissy et Rouen, en faisant tomber le premier et allant chercher le nul chez le second. Après deux ultimes succès engrangés en décembre, l'équipe a terminé l'année à la première place du classement, avec trois points d'avance sur les rouennais et un peu plus sur les pisciacais, à une journée de la fin des rencontres aller. Enfin... elle a cru terminer avec cette avance... C'était avant que Poissy ne soit sanctionné par la fédération fin décembre pour une question de certificats médicaux non-conformes sur des licences de joueurs en début de championnat, et perde le gain de sa victoire en septembre contre Rouen - qui a donc récupéré trois points. Résultat : le Racing se retrouve finalement à égalité en tête avec Rouen (mais le devance à la différence de buts générale). Poissy, qui a écopé en plus d'un retrait de points, se retouve largué loin derrière - comme toute le reste des équipes - et la montée en National se jouera donc en principe entre les deux actuels coleaders. Car tel est maintenant l'objectif des ciels et blanc bien sûr. Il aurait été appréciable de se lancer dans la suite de cette course avec le matelas de trois points qui avait semblé être acquis avant les fêtes, mais celui-ci a disparu, tant pis, et ça ne déprécie pas la satisfaction qu'il y a à voir le Racing se retrouver dans cette position aujourd'hui.
Pour prendre un peu de perspective historique, on peut signaler qu'une montée de l'équipe en National en mai prochain serait - encore - une première dans l'histoire du club, qui n'a jamais connu deux accessions successives ! Cela ferait une nouvelle ligne dans les annales du Racing pour le groupe actuel, après les 21 matches sans défaite de la saison passée qui constituent un nouveau record ciel et blanc. Bien sûr, il faut être conscient qu'une double-montée est une performance jamais réussie au Racing, mais qui ne concerne que la partie de son histoire où il s'est éloigné du plus haut niveau (de 1896 à 1966, quand il faisait partie de l'élite ou était éphémèrement juste en dessous, il lui était matériellement impossible de monter deux fois, ou même de monter tout court). Ce qui n'enlèverait rien au mérite des joueurs s'ils réussissaient cet exploit.
Toujours dans le registre historique, notons que le passé est en faveur du Racing dans le duel qu'il s'apprête à disputer avec Rouen. Les deux clubs se sont en effet retrouvés deux fois en bataille pour une accession, et cela a toujours tourné à l'avantage des ciels et blancs. Il y a eu la la lutte en division 2 lors de la saison 1952-1953, où les pingouins du président Dehaye ont coiffé les normands dans le sprint final, pour décrocher une place en barrage (qu'ils remportèrent face au Stade Français pour revenir en division 1). Il y a eu ensuite celle pour la montée en National en 1996-1997, où l'équipe présidée par Buzier est là encore passée devant les diables rouges en fin de parcours, grâce à une victoire décisive en terre normande à quelques journées du terme. Ceci n'est que curiosité historique bien entendu, qui ne confère aucun avantage à l'équipe aujourd'hui. On notera pour être complet que le Racing a remporté en 1986 son groupe de division 2 dans lequel Rouen figurait, mais sans que ce dernier n'y ait participé à la course en tête. Même chose dans l'autre sens, en 2009 dans le groupe D de CFA, remporté par Rouen alors que les ciels et blancs étaient en milieu de tableau... Illustration que les oppositions décisives avec Rouen sont très anciennes, on rappellera aussi qu'en 1911, le Racing disputa contre lui une demi-finale de championnat de France USFSA, et la remporta pour aller jouer sa cinquième finale nationale qui fut perdue contre Marseille (le Stade Helvétique, pas l'Olympique)...
Notons tout de même qu'une éventuelle montée en National à l'été 2023 poserait peut-être un nouveau problème de stade au club, puisque Montbauron n'est pas homologué pour ce niveau : c'est bien pour ça que le FC versailles a dû s'en exiler cette saison, ce qui a rendu l'enceinte disponible pour les ciels et blancs. Mais nul doute que les dirigeants s'attelleraient à résoudre cette difficulté avec grand plaisir...
En parlant d'histoire et dans les enjeux des prochains mois, on suivra enfin avec attention ce qui se passe en Ligue 1 d'ici le mois de mai, avec un peu de crainte de voir le record de buts marqués dans l'élite, détenu par le RC Paris, tomber. Les 118 réalisations réussies lors de la saison 1959-1960 semblaient jusqu'il y a quelques années être une performance ultime qui ne serait jamais égalée, alors que le football moderne génère beaucoup moins de gros scores que par le passé. Cela fait ainsi plusieurs décennies que les attaques tournent à bien moins de deux buts de moyenne par match. La barre des 80 n'a ainsi jamais été atteinte dans les décennies 1980, 1990 et 2000. Alors les 118 buts, définitivement impossible pouvait-on penser... Mais tout a changé depuis le passage sous pavillon qatari du PSG, qui a enfoncé cette barre à partir de 2014, puis celle des 100 buts ensuite. Il en a ainsi mis 102 en 2015-2016, 108 en 2017-2018, 105 en 2018-2019, et même Monaco s'y est mis lors de son titre de champion 2017 en scorant 107 fois. Les parisiens étaient encore sur une moyenne les envoyant au-dessus des 100 quand le championnat a été stoppé par le Covid en 2020. Leur attaque a été un peu moins prolifique pendant deux saisons ensuite (86 buts en 2020-2021, 90 en 2021-2022), mais ils sont à nouveau cette saison sur un rythme qui les projette au-dessus des 100 buts. Le vieux record du RCP, auquel ses fidèles tiennent, est donc menacé depuis quelques années, le championnat ayant changé de référentiel avec des meilleures attaques capables de se rapprocher des 118 buts. Et un match à distance se rejoue cette saison entre l'attaque des pingouins de 1960, qui étaient emmenée par Cisowski, et l'armada offensive du PSG et son trio Mbappé-Messi-Neymar. On n'est pas sûr que les hommes de Galtier y pensent, quoique qu'il ait été indiqué dans l'Equipe l'été dernier que le club de la porte d'Autueil voulait battre des records cette saison, dont celui-ci. Actuellement - après 17 journées - le PSG a marqué 48 buts, ce qui fait une moyenne de 2,82 par match, qui l'amènerait à 107 en fin de parcours s'il la maintient. De fait, s'il se montre en seconde partie d'exercice un poil plus efficace que dans la première - en retrouvant notamment le rendement offensif des mois de juillet-août - il y aura du souci à se faire. S'il se montre (un peu) plus emprunté comme il l'a été durant l'automne, le record restera encore la propriété ciel et blanche. On a bien sûr une préférence pour le second scenario... Pour suivre simplement cette lutte à distance les prochains mois sans se mettre à faire des calculs compliqués, les choses sont simples : chaque match de championnat où le PSG marquera plus de trois buts le rapprochera du record du Racing, et chaque match avec trois buts ou moins l'en éloignera (les 118 buts correspondant à une moyenne de 3,1)...
Au final, les enjeux ne manquent pas pour le Racing au moment de reprendre la compétition en cette mi-janvier, l'un (la montée) prévalant bien entendu sur le reste, et l'on a hâte de se retrouver au mois de mai prochain pour connaître le bilan de la saison... en CN2 comme au classement des attaques de Ligue 1 !