Ouverture de la saison

Mis en ligne le 25 août 2023 - Dernière mise à jour le 3 décembre 2023 - Temps de lecture : 4 minutes.

Après une demi-douzaine de matches de préparation disputés depuis juillet, le Racing va démarrer son championnat 2023-2024 ce weekend, en recevant Borgo. C'est une reprise de saison pleine d'espoir, après le très joli parcours réalisé en 2022-2023, qui s'est certes achevé sur la déception de ne pas avoir réussi à coiffer Rouen, mais qui est globalement une très grosse réussite sportive. Pour un promu, le Racing a présenté en effet un bilan final assez exceptionnel - dix-sept victoires en trente matches, soixante-six buts marqués - qui aurait fait de lui le champion de n'importe lequel des trois autres groupes de Nationale 2... Malheureusement il était dans le A, où Rouen a réussi à faire encore mieux... Tant pis et bravo aux diables rouges, qui sont aussi une équipe historique du football français (que le Racing croise régulièrement en compétition depuis plus d'un siècle, la première opposition datant de 1909). On aurait quand même aimé voir ce qui se serait passé si le tir à la 90ème minute du choc Racing-Rouen de la 26ème journée avait fini au fond au lieu de taper la transversale, mais on ne peut refaire le passé...

Le Racing va donc devoir se retrousser les manches et repartir sur dix mois de compétition et vingt-six matches pour essayer de décrocher cette montée en National, qui est désormais un objectif revendiqué. Avec toutefois une équipe qui a perdu quelques éléments clés, mais s'est enrichie d'une dizaine de renforts - il faut espérer que la mayonnaise prendra. Quand on se rappelle que le club descendait en DH il y a dix ans exactement, et a failli tomber plus bas ensuite, quelle plaisir d'espérer vivre désormais des luttes plus réjouissantes - pour revenir dans l'antichambre du championnat pro... en espérant mieux ensuite. Il faut ne faut bien sûr pas s'enflammer - les fidèles du Racing ont vécu trop de retours de bâton ces trente dernières années pour ne pas être réservés quand on parle de (re)gravir les échelons du football français, mais s'il est bien un moment où il est permis de rêver un peu, c'est en veille de reprise...

Le stade Yves-du-Manoir étant toujours en travaux en vue des JO, cette nouvelle saison se déroulera toujours un peu à Versailles, mais surtout à Boulogne-Billancourt, où le stade Le Gallo accueillera la majeure partie des matches à domicile des ciels et blancs, après un accord trouvé entre le Racing, la municipalité, et l'ACBB. On espère qu'il portera chance aux joueurs de Norbert, mais il est tout de même dommage qu'après presque un an à prendre ses marques à Montbauron, le Racing doive de nouveau aller rececoir dans un autre lieu - ce qui va revenir encore à jouer un peu sur terrain neutre le temps de s'y acclimater. Les réglements ne permettent pas d'évoluer deux ans sur un même terrain "de secours", certes, on peut quand même s'étonner qu'il n'ait pas été possible pour la Fédération de donner une dérogation au club pour le faire, quand la raison de l'indisponibilité de son stade attitré (Yves-du-Manoir) est d'avoir été retenu pour l'organisation de la cause nationale que constituent les Jeux 2024. Surtout si finalement elle l'a donnée quand même, mais pour une poignées de matches... n'était-ce vraiment pas possible pour l'ensemble ?

Quoi qu'il en soit, et comme c'est la période des espoirs de début de saison, on espère donc voir le Racing se (re)mêler à la lutte pour monter (et aussi y parvenir bien entendu, mais ça ne se dit pas...), et pourquoi pas faire un beau parcours en coupe - ça fait vingt-ans qu'il n'est pas paru en trente-deuxièmes (ce qui est une absence historiquement longue pour lui), ça manque un peu.

Sur un autre plan plus symbolique, on peut rappeler que son record de 118 buts marqués en division 1 a été menacé depuis quelques saisons, par l'apparition de rendements offensifs parfois énormes d'équipes de tête en Ligue 1, qui ont amené les champions à dépasser plusieurs fois la barre des 100 buts marqués (le PSG l'a fait plusieurs fois, Monaco une fois). On pouvait encore craindre, à la dernière trêve d'hiver, de voir ce record battu par le PSG en fin de saison 2022-2023, au vu de son total de buts à ce moment, mais il n'en a finalement rien été, les parisiens ayant été beaucoup moins efficaces ensuite. Avec la réduction intervenue cet été du nombre d'équipes en Ligue 1, passé de vingt à dix-huit, et les quatre matches de championnat en moins qui en découlent, ce record n'est a priori plus en danger maintenant...

Un petit mot quand même pour finir sur le stade Du Manoir, dont les travaux vont s'achever en fin de saison pour lui permettre d'accueillir l'épreuve de hockey sur gazon des Jeux Olympique durant l'été. Le bon vieux stade du Racing (même s'il n'appartient plus au RCF) va ainsi établir une passerelle avec son glorieux passé, lui qui a accueilli une bonne partie des Jeux 1924, il y a exactement 100 ans. Il faut noter que le hockey n'était pas au programme de l'édition d'alors, mais cette discipline fait partie de l'histoire d'Yves-du-Manoir, qui va donc retrouver un de ses anciens usages en devenant dédié à sport - en 2024 pour les jeux d'abord, durablement ensuite en hébergeant la FFHG et un club résident. Le stade comportait en effet plusieurs terrains de hockey dans les années 1920, et accueillait la section dédiée du Racing, ainsi que des matches internationaux régulièrement (d'ailleurs parfois couplés avec ceux de l'Equipe de France de football !). Et il faut le dire, si les pingouins du RC Paris en football ont été sacrés plusieurs fois vainqueurs de la coupe de France à Yves-du-Manoir dans les années 30 et 40, ce sont bien les hockeyeurs ciels et blancs qui y ont été les premiers à lever un trophée national de sport collectif, remportant en ce lieu la finale de leur championnat de France en 1926 et 1929... Du coup, il serait émouvant de voir à l'avenir Colombes accueillir à nouveaux les matches des trois grandes équipes de "sports collectifs de plein air" du Racing, comme il le faisait il y a un siècle, mais ça ne se fera probablement pas : c'est bien prévu pour le football, le rugby semble envisager d'y jouer quelques matches occasionnellement quand l'Arena 92 de Nanterre sera indisponible, mais le hockey est lui basé depuis des décennies à La Boulie et n'a probablement pas de raison de devenir le club résident prévu... Quoi qu'il en soit, on a hâte de voir le Racing-football lui se réinstaller après les Jeux dans son stade, en version rénovée malheureusement amputée de divers éléments historiques, mais chez lui (et pourquoi pas en division supérieure ?)...