2024, année de renouveau ?
Mis en ligne le 3 janvier 2024 - Dernière mise à jour le 9 janvier 2024 - Temps de lecture : 7 minutes.
L'année 2024 s'ouvre pour le Racing sous le signe de l'espoir : celui d'une montée en National pour l'équipe fanion (encore envisageable même si elle a décroché au classement par rapport à octobre), d'une remontée au niveau régional pour les autres équipes senior, d'un retour en championnat de France pour les U18 - voir même pour les U16... Sans oublier celui de vivre un joli parcours en coupe de France et une affiche contre un club pro... Il ne faut pas s'emballer bien sûr - et la N2 peut tout aussi bien lutter au printemps pour le maintien que la montée - mais c'est quand même un air de renouveau comme il n'y en avait plus eu depuis un moment qui plane actuellement sur le Racing... et qu'il n'y a pas de raison de ne pas apprécier en cette période de voeux.
Image d'archive du match de championnat Racing-Chambly en CFA2 en 2011, qui sera l'affiche du 1/32ème de finale de coupe du club ce mois-ci (photo Allez Racing !!!)... |
C'est ce que tout le monde souhaiterait bien entendu, mais il faut bien dire aussi que le Racing n'est pas du tout assuré de ne pas devoir plutôt participer à la course pour le maintien... En rappelant que réforme des championnats oblige, plus d'un tiers du N2 descendra cette saison à l'étage inférieur, soit cinq clubs par groupe obligatoirement, et un sixième dans l'un des quatre. De fait, à part possiblement trois-quatre équipes échappées en tête, quasiment toutes les autres seront possiblement sous la menace de descendre au printemps, quand le championnat entrera dans la dernière ligne droite. Ainsi, si le Racing aujourd'hui peut encore regarder vers le haut avec ses neufs points de retard sur le leader, il n'a - en même temps - que cinq longueurs d'avance sur le premier relégable certain, trois sur le relégable potentiel (le neuvième), et doit bien regarder derrière aussi. Il est objectivement autant (sinon plus) imbriqué dans le peloton d'équipes promises à se battre pour le maintien, qu'à celles promise à essayer de monter... pour l'instant.
Au moment d'aborder 2024, l'espoir est donc toujours là de voir l'équipe monter cette saison, ou au moins se battre pour, mais surtout échapper à la lutte stressante pour le maintien - et surtout à la descente elle-même. En notant - pour la simple curiosité, on mettra la superstition de côté - que les années en 4 ont toujours vu le club changer de division depuis la seconde guerre mondiale : il est monté de D2 en D1 en 1954, descendu de D1 en D2 en 1964, monté de DH en D3 en 1974, de D2 en D1 en 1984, de CN2 en CN1 en 1994, de CFA en National en 2004. Seule exception, il est descendu de DH en DSR en 2014... mais pendant une partie de la dernière journée seulement, réussissant à renverser le sort en gagnant son match... Alors que lui réserve 2024 ?
L'année débutera en tout cas par une petite parenthèse devenue très inhabituelle : un trente-deuxième de finale de coupe que le club n'est plus habitué à côtoyer. Il se jouera à Chambly : c'est une déception, l'équipe aurait bien sûr aimé disputer plutôt un match de gala contre une L1 (il y avait notamment Marseille et Lens dans son groupe de tirage au sort), mais c'est d'un autre côté un match ouvert pour poursuivre son chemin en seizièmes. Les chances de qualification sont globalement égales entre le Racing et Chambly qui sont proches au classement dans le même groupe de N2 - et ont fait 0-0 en championnat en septembre - avec quand même l'avantage du terrain pour les joueurs de l'Oise... L'année s'ouvre donc avec un autre espoir : celui de voir les ciels et blancs faire un petit bout de chemin dans leur ex-épreuve fétiche, et bien sûr finir leur parcours par un beau match contre des pros (on ne rêvera bien entendu au sixième trophée du club)...
Les espoirs de réussite ne manquent d'ailleurs pas pour les autres équipes du club, dont plusieurs sont aussi engagées dans des objectifs importants et symboliques. La réserve senior masculine et l'équipe senior féminine visent ainsi toutes deux le sacre en D1 du district du 92 et le retour en championnat régional - la première est actuellement leader du classement de D1, la seconde est deuxième avec un match en retard. Les U18 masculins peuvent eux remporter la DH de leur catégorie - ils sont pour l'instant coleaders - et remonter en championnat de France, ce qui serait une fierté et un retour à une tradition maison, onze ans après le dernier trophée de meilleur club amateur en jeunes (obtenu en 2012-2013). Les U16 sont un peu plus décrochés dans leur DH - à six points du premier - mais ne sont pas hors-course pour eux aussi remonter en championnat de France. Au total, c'est un peu un vent de renouveau qui souffle en ce début d'année sur le Racing, où l'équipe fanion n'est pas la seule à aspirer rejoindre l'été prochain un rang qui était le sien auparavant...
On ne peut pas terminer ce bilan de fin 2023 - début 2024 sans évoquer la grosse polémique qui a surgi en novembre et s'est poursuivie en décembre, suite à la décision de la DNCG de retirer cinq point au FC Rouen dans le classement en cours de National. Cette sanction, liée à la situation financière du club normand, a été motivée par un constat rare et accablant de l'instance de contrôle, qui a indiqué dans ses arrêtés que Rouen "a communiqué des informations inexactes au niveau de la présentation de ses comptes estimés 2023", que "le club n'aurait pas dû accéder en Championnat National", et que "l'équité a été ainsi rompue" ! En clair et en termes on ne peut plus explicites, l'organe chargé de valider les montées écrit noir sur blanc qu'il a été abusé et n'aurait pas dû valider celle de Rouen en juin dernier... Le président rouennais a évidemment fait appel et contesté (dans la presse) ces conclusions. On ne débattra pas sur ce site du fond de l'affaire, n'ayant aucun élément pour en juger. Le Racing lui, a dégainé un communiqué début décembre, formalisant la grande colère qui s'est emparée de ses dirigeants en prenant connaissance de ces développements. Il est indiqué que "l'équipe aurait dû monter en lieu et place du FC Rouen", le préjudice financier est évoqué, ainsi que d'éventuelles suites judiciaires...
Il faut rappeler en effet qu'en cas de non-montée de Rouen en National, c'est au Racing que la place aurait été proposée. Les règlements peuvent perdre pas mal de monde, sachant qu'il y a eu plusieurs relégations administratives de National envisagées à l'été 2023 et qu'était alors notoirement prévu le cas échéant de repêcher des clubs de la même division, puis des meilleurs seconds de N2 uniquement en recours ultime. Mais dans le cas de Rouen - une annulation de montée - c'est un autre règle qui prévaut et aurait été appliquée : celle d'avoir, quelles que soient les sanctions, au moins une montée effective pour chaque groupe de N2. Ce qui implique que si un promu est empêché, son suivant - du groupe lui-même - doit monter. De fait, si la DNCG avait recalé Rouen en juin dernier, comme elle dit elle-même que c'est ce qui aurait dû arriver, c'est bien au Racing qu'il aurait été proposé de monter...
Il faut bien insister toutefois sur ça : il lui aurait été proposé de monter. Il est factuellement faux de dire que le Racing serait monté en cas de sanction contre Rouen en juin dernier, la seule chose affirmable est qu'il aurait pu le faire... sous réserve d'examen favorable de sa situation par la DNCG, or cet esamen n'a pas eu lieu, et son issue n'est donc pas connue. Il a certes réussi à l'époque l'examen administratif concernant sa continuation en CN2, mais les critères et exigences ne sont pas les mêmes que pour monter en National. On peut donc dire que le club aurait dû avoir la chance de préparer un dossier en juin, ce n'est que ça, mais c'est énorme, et il est normal d'être déçu ou en colère de n'avoir pas pu le tenter - avec mesure quand même, car il est toujours dommage d'obtenir administrativement quelque chose qui n'a pas été obtenu sur le terrain...
On ne commentera pas davantage cette affaire... mais on peut tout de même signaler qu'elle n'est pas sans précédents dans l'histoire du club...
Le plus douloureux remonte à l'année 1990, quand le Racing Paris 1 de Piette a terminé dix-neuvième de première division, relégué en seconde donc, et finalement exilé volontaire en division 3, ce qui l'a renvoyé dans l'anonymat des championnats amateurs pour... plus de trente ans depuis. L'histoire aurait pu être différente : en juin 1990, les dirigeants ont espéré pendant plusieurs semaines être repêchés en division 1, du fait des déboires financiers du Stade Brestois, qui s'était vu poser un ultimatum par la Ligue et devait présenter un plan de redressement convaincant pour le 26 courant, sous peine de relégation administrative. A la date convenue, la Ligue reçut les dirigeants bretons et se montra convaincue par leur dossier, les laissant de fait continuer en D1. C'était après coup une erreur, le plan n'était pas viable puisque Brest déposa le bilan seulement quelques mois plus tard - précisément ce qu'il devait éviter. Il fut finalement expédié administrativement en D2 en 1991, entraînant le reprêchage d'un relégué.. "au lieu" du Racing en 1990.
Plus près de nous, deux autres épisodes sont à évoquer, où le Racing n'a pas eu cette fois le rôle du "lésé"...
Le premier remonte à 2004, où la DNCG a validé sa montée en National après plusieurs semaines d'hésitation et de mise en délibéré du dossier. On ne refera pas l'histoire de l'exercice cauchemardesque qui s'en est suivi, il suffit de rappeler qu'il s'est terminé par un dépôt de bilan et une liquidation judiciaire... On peut alors objectivement se dire que, tout comme pour Brest en 1990, les faits montrent après coup que son dossier n'était pas viable (ce qui ne veut pas forcément dire que le dossier initialement présenté était "inexact", ceci est un autre sujet). Ainsi, le Racing n'aurait probablement pas dû être accepté en National en 2004 et a dans ce cas pris la place de quelqu'un (Châtellerault, qui avait terminé juste derrière lui en CFA en 2003-2004, ou un relégué de National, selon la règle en vigueur à l'époque)...
Le second épisode date de la saison 2009-2010, où le Racing s'est vu retirer 3 points en cours d'exercice (en CFA) par la DNCG pour... "communication d'informations inexactes" ! Les dirigeants d'alors avaient fait appel mais avaient été déboutés. Les griefs et les sommes en jeu n'étaient pas les mêmes que pour Rouen, l'instance n'avait pas écrit que le club n'aurait pas dû être accepté en CFA (elle l'a néanmoins envoyé en CFA2 à l'été 2010), mais ce précédent résonne forcément de façon un peu embarassante aujourd'hui... Cela ne change rien aux évènements de l'été 2023 et au fait que le club n'a pas pu présenter un dossier de montée comme il aurait dû, selon les constats ultérieurs de la DNCG concernant Rouen, mais ça doit forcément conduire à un peu de retenue en commentant la (grosse) faute rouennaise... dont le Racing a lui-même été jugé coupable, en d'autres temps...
Quoi qu'il en soit, cela appartient à 2023 et on ne peut refaire le passé... place maintenant à 2024, au renouveau sportif qu'on espère voir toucher le plus d'équipes, et au renouveau symbolique que constituera de toute façon la (re)prise de possession pleine, après les JO, d'un stade du Manoir devenu doublement olympique !