Racing-LOSC : l'histoire avec un grand H (à Chambly)
Mis en ligne le 11 janvier 2024 - Temps de lecture : 3 minutes.
Le tirage au sort des seizièmes de finale de la coupe a offert au Racing un match contre le LOSC qui est bien plus qu'une simple fête contre une L1. L'affiche a en effet été le grand classico français de l'après-seconde guerre mondiale en coupe, et ne s'était plus répétée depuis (en coupe) : ces retrouvailles sont donc un grand rendez-vous du Racing avec son histoire et ses grands moments - dont la fantastique finale gagnée en 1949 face aux dogues.
Reportage du Miroir des Sports sur la fantastique finale de coupe gagnée 5-2 en 1949 par le RC Paris contre le LOSC (collection personnelle de l'auteur)... |
La légende des Racing-LOSC, qui ont été le grand classico français du lendemain de la seconde guerre mondiale, est racontée ailleurs dans le site (voir) et ne sera pas re-décrite ici. Mais, 74 ans après sa dernière répétition en coupe, la voir à nouveau est un moment très spécial... Aujourd'hui, ce match est certes un simple 1/16ème normalement secondaire de la coupe, entre une L1 et une CN2, avec des "petits" qui vont bien sûr tenter l'exploit mais risquent plus probablement de sortir de la compétition - en espérant ne pas subir le sort des martiniquais de Golden Lion au tour précédent, battus 12-0. Mais un Racing-LOSC, c'est symboliquement bien plus que ça...
- C'est une affiche de standing entre deux des plus grands clubs de l'histoire de l'épreuve : un sextuple vainqueur d'un côté (Lille : troisième à ce compte dans le pays - à égalité avec St-Etienne - derrière le PSG et l'OM), et un quintuple vainqueur de l'autre (le Racing : cinquième avec Monaco, Lyon et le Red Star)...
- C'est bien l'épisode suivant du feuilleton incroyable qui a passionné la France au lendemain de la seconde guerre mondiale, car étonnament les deux clubs ne se sont plus recroisés en coupe depuis le quart de finale de 1950, alors qu'ils venaient alors de s'affronter cinq fois en six éditions (depuis la saison 1944-1945, car il faut rappeler que la finale de 1939 contre Lille était contre un autre club : l'Olympique, qui n'est pas le LOSC mais un de ses ancêtres).
- C'est un affrontement dont le vainqueur a jusqu'ici toujours été celui de l'épreuve (en 1945, 1946, 1948, 1949) ou finaliste (en 1950) - ce qui en a fait la légende à l'époque.
- Ce sont les deux dernières coupes gagnées par les ciels et blancs (en 1945 et 1949)...
... C'est tout simplement l'histoire du Racing avec un grand H qui revient frapper à la porte, et renvoit à ses plus grandes heures. Beaucoup de choses agréables ont été écrites dans la presse au lendemain de la victoire à Chambly, avec quand même un peu trop d'emphase : retrouver les 1/16èmes trente ans après la dernière fois en 1994, c'est une grande joie, un bonheur, revivifiant et beaucoup de choses encore... mais quand même pas "historique" en soi (même si ça sera peut-être unique dans la carrière de plusieurs des joueurs), ça reste un "simple" 1/16ème... Mais y retrouver le LOSC, vu qu'il n'y a plus eu de précédent en coupe depuis 1950 (il y en a eu bien sûr en D1 dans les années 80), alors oui, cela devient indiscutablement un rendez-vous "historique"...
Pour toutes ces raisons, ce match est - sur le papier - le plus beau joué par le club depuis bien des années (pas nécessairement le plus important), est il faut vraiment se réjouir de pouvoir le vivre, et en profiter... C'est une parenthèse dans le temps, un retour momentané vers la belle époque...
Malheureusement, cette fête est un peu gâchée par le fait que le Racing n'ait pas pu organiser le match en région parisienne, et qu'il devra le jouer à Chambly. Ce n'est pas si loin que ça, c'est un lieu qui a porté chance à l'équipe au tour précédent (il faut d'ailleurs remercier les dirigeants de Chambly d'avoir sans rancune proposé leur stade au Racing), et c'est mieux que Lille (pour les supporters et pour les - petites - chances de qualification), mais c'est dommage quand même. Il était acté que cela ne pouvait être à Colombes, actuellement livré mais en configuration hockey pour les Jeux, il était évident que ça ne serait pas à Boulogne ni à Versailles, pas aux normes, mais on aurait bien aimé que ce soit alors dans une enceinte parisienne intramuros ou limitrophe. Le Parc ou le Stade de France étaient bien sûr inenvisageables, mais Charlety, Jean Bouin ou Bauer auraient été des lieux d'accueil de taille intermédiaire plaisants... Les propriétaires ont refusé d'accueillir ce match selon la presse. On ne commentera pas - ils avaient peut-être de bonnes raisons - mais qu'il est loin le temps où le Racing était accueilli à bras ouverts partout - au Parc, à Bauer, à Buffalo, à Jean Bouin... en plus de Colombes bien sûr. Pour "compenser", espérons que la Fédération daigne enfin fournir pour l'occasion des maillots ciels et blancs au Racing pour apprécier davantage ce moment... rien n'est moins sûr, mais on peut toujours rêver...
Rendez-vous malgré tout dans une dizaine de jours pour ce qui sera un très beau rendez-vous, et un joli pont entre ce Racing de la décennie 2020 qui est sur une pente ascendante, et son glorieux devancier des années 40 du siècle dernier... en ne disant pas trop fort qu'à côté de l'aspect historique, on rêve bien sûr à un exploit sur le terrain !