Bilan 2024-2025 : enlisement en N3, la remontée l'an prochain ?
Mis en ligne le 22 août 2025 - Temps de lecture : 5 minutes.
Descendu par surprise en N3 en 2024, le Racing a échoué à s'en extraire en 2025, barré par les Lusitanos St-Maur. Il tentera de réussir sa remontée en 2026, toujours loin de Colombes...
Le rebond raté
Coup d'envoi du match à Neuilly, en mai, à l'issue duquel la non-montée du Racing a été définitive... |
L'équipe est donc embourbée aujourd'hui au niveau qui était le sien quand le président Norbert a repris le Racing en 2018... On n'imaginait pas voir cela quand il y a seulement deux ans, elle se battait en duel avec Rouen pour une place en National... mais c'est ainsi. Son objectif pour 2026 - et alors qu'elle va disputer la cent-trentième saison de son histoire - est simple : terminer première du groupe D qu'elle va désormais côtoyer, pour se rapprocher à un étage du championnat pro (puisque le National va se transformer en Ligue 3 à cet échéance) ! L'équipe en a assurément les moyens, elle qui a gardé la plupart de ses éléments forts de l'exercice passé - dont l'attaquant Marvin Emmanuel, auteur de plus de vingt buts - et s'est renforcée de quelques recrues en plus. La tâche ne sera pas facile pour autant, plusieurs adversaires ayant la même ambition et les moyens qui vont avec, et la bataille sera féroce. En espérant que la roue tournera un peu plus franchement du côté du Racing cette saison, lui qui a été plus ou moins longuement en tête de son championnat les sept dernières saisons (!), avec une seule montée à son actif, et une descente au passif...
Continuité à Poissy...
Il faut préciser que cette mission remontée continuera à se jouer à Poissy comme domicile de l'équipe (en match), puisqu'elle ne peut toujours pas réintégrer le stade Du Manoir pour jouer en compétition, et qu'il est désormais acquis que cela ne se fera pas de sitôt - et qu'on peut même se demander si cela se fera un jour ! Le Département n'ayant pas pu ou voulu remettre le terrain olympique aux normes football/rugby après les Jeux Olympiques, c'est le Racing 92 du président Lorenzetti qui a finalement décidé de lancer - et financer - la (re)construction d'une enceinte de 14 000 places sur le site, dont la livraison est prévue en 2027. Le payeur étant le décideur (ce qui est normal), le stade sera construit en premier lieu selon les besoins du rugby, et il n'est dit nulle part aujourd'hui qu'il sera aux normes adéquates pour permettre au football d'y évoluer ! On peut donc attendre de voir la suite du dossier avec inquiétude quand on s'intéresse au Racing-football, sur qui pèse donc la menace de se voir mis à la porte de son stade historique (pour les matches de l'équipe fanion s'entend, les entraînements et tous les matches de championnats régionaux, départementaux et de jeunes, étant toujours à Colombes - le Racing n'est pas Sdf globalement).
On peut se désoler ou se révolter de cette situation et des promesses non tenues des collectivités, qui devaient, après la rénovation d'Yves-du-Manoir mais sa transformation en stade de hockey pour les Jeux, le remettre en configuration foot-rugby. Elles ne l'ont pas fait. Il faut tout de même dire que ces promesses ont été faîtes quand le Racing luttait pour monter en National, et s'y projetait donc à l'horizon 2024. A la place, il s'est retrouvé relégué en N3. Les collectivités ont alors été évidemment beaucoup moins motivées pour engager les millions d'euros (publics) prévus, s'agissant de permettre l'organisation de matches anonymes de division 5 attirant quelques dizaines de spectateurs, plutôt que les rencontres semi-professionnelles de division 3 voire professionnelles de division 2 anticipées initialement. Il faut bien être conscient que tout se place dans ce contexte, et que le gros échec sportif de 2024 à des conséquences : on ne reçoit pas les mêmes aides publiques en D5 qu'en D3 ou D2 ! C'est l'histoire qui se répète... Quand le football est devenu en premier Racing 92 en 1991, il a reçu une grosse subvention et le Département avait dans les tiroirs un projet de financement de la rénovation du stade Du Manoir (qui appartenait au RCF) en cas de remontée en D2 puis D1, qui étaient les objectifs initiaux. Tout est tombé à l'eau avec la descente en CN2 de 1993... Dumas également, quand il a repris le club en 1999 et l'a rebaptisée RC Paris, visant aussi la remontée en D2 puis D1, avait en magasin un projet de rachat d'Yves-du-Manoir au RCF pour reconstruire une enceinte moderne... Le fiasco sportif qui a suivi a tout balayé... Les acteurs et les contextes diffèrent, mais les mêmes causes (les remontées manquées vers les divisions professionnelles) ont les mêmes effets (l'arrêt de projets sur le stade)... Ce qui est "dramatique" aujourd'hui pour le Racing-football, n'est pas tant que la remise en état du terrain olympique par le 92 ait été mise en pause, mais d'être désormais dans une situation l'empêchant d'y jouer en attendant une solution, et surtout qu'un projet alternatif a vu le jour pendant cette pause qui compromet potentiellement le retour des footballeurs à terme ! On notera au passage que le rugby, qui lui aussi avait besoin de réutiliser Yves-du-Manoir (car le partage de son Arena de Nanterre avec de nombreux autres évènements devenait de plus en plus compliqué), n'est pas resté dans le regret de ne pas pouvoir dans la foulée des Jeux : il a pris son destin en main et a budgété lui-même le financement des travaux ! Le football n'a évidemment pas les mêmes moyens que le rugby, qui évolue en Top 14, étant toujours lui dans le championnat amateur, à trois étages du championnat pro. En National voire L2 aujourd'hui, il aurait pu peut-être trouver ces moyens, ou intéresser un investisseur ayant ces moyens, ou le 92 tout simplement aurait concrétisé les promesses d'avant-Jeux... Les besoins du rugby, qui joue dans l'élite et draine des milliers de spectateurs à ses matches, ont été priorisés sur ceux du football, qui évolue bien plus bas, et dans l'anonymat. On en revient toujours au rang sportif que n'a pas réussi à atteindre le Racing-football aujourd'hui, il n'en est pas "coupable" (ne pas remporter la compétition où l'on est engagé fait partie du sport, ce n'est pas une faute), mais cela conditionne inévitablement le statut et le soutien que l'on reçoit... Bref, l'avenir est aujourd'hui très trouble sur le dossier "un stade pour les matches de l'équipe fanion", c'est désolant au regard de l'Histoire (du Racing, des lieux, etc...), mais la conclusion n'est toutefois pas encore écrite...
Les autres équipes en lumière
Pour revenir à des choses plus positives, la saison 2024-2025 a été à nouveau très réussie pour le Racing dans son ensemble, après le joli tir groupé de montées de la précédente. Les seniors 2 ont poursuivi leur ascension, et gagné leur ticket pour le R2. Les féminines se sont elles maintenues en R3. Mais la plus grosse satisfaction, ce sont les U19 et U17 nationaux, promus, qui ont joué les premiers rôles dans la première partie de leur championnat (les U19 prenant même la tête de leur poule un moment à l'automne après une victoire chez le PSG), avant de baisser un peu de pied en seconde mais de rester dans la première partie de tableau. Les U19 sont également allés en huitièmes de finale de Gambardella, où ils ont été sortis par Nantes. De fait, la formation ciel et blanche a retrouvé son rang élevé dans le paysage national, et on peut regretter que la FFF ait renoncé à distribuer le prix du meilleur club de jeunes il y a quelques saisons, car avec son joli tir groupé (4ème de groupe en U19 et le joli parcours en Gambardella, 6ème en U17), le Racing aurait probablement été le lauréat en catégorie clubs amateurs...
La (re)consolidation des fondations sportives du club se poursuit donc remarquablement - on remarquera d'ailleurs qu'il a ré-engagé une équipe 3 senior, qui avait été tristement dissoute il y a une dizaine d'années et va donc devoir repartir du bas de l'échelle. Pour la saison qui s'ouvre, on espère ainsi voir les U19 et U17 continuer à jouer le haut de tableau dans leur championnat, et les équipes derrières engranger des montées (il y en a eu plusieurs cette saisons, dans les équipes de jeunes "inférieures")...
* On parlera seulement de ça désormais, puisque devenir le "second club parisien" dans l'élite semble désormais dévolu au Paris FC...