Les Racing-Stade annuels du challenge Nicol

Mis en ligne le 3 décembre 2023 - Temps de lecture : 2 minutes.

L'Angleterre, terre de traditions, a en sport sa rivalité mythique entre Oxford et Cambridge, qui découle simplement de la rivalité séculaire existant entre les deux universités. En France, il y a eu aux débuts du sport une rivalité comparable entre le Racing Club de France et le Stade Français, qui n'était pas seulement le résultat naturel du voisinage entre deux gros clubs, mais l'expression d'un concurrence respectueuse et empreinte d'histoire entre les deux maisons qui avaient lancé le mouvement sportif organisé dans l'hexagone (en co-fondant la première fédération).

Dans toutes les disciplines, mais surtout en rugby, les affiches Racing-Stade ont ainsi été pendant des décennies l'affiche traditionnelle par excellence du sport français. En football, elle a toutefois mis du temps à se mettre réellement en place, les stadistes s'étant mis plus tardivement que les racingmen - et avec moins de réussite au début - au ballon rond. Les deux équipes ne se sont retrouvées en championnat qu'à partir de 1909 à l'USFSA, elles se sont côtoyées ensuite occasionnellement en DH de la LPFA avant la mise en place du professionalisme, et elles ont été enfin été concurrentes tout aussi épisodiquement en pro, après la seconde guerre mondiale (le Stade ne rejoignant le mouvement qu'alors, et faisant ensuite plusieurs passages en division 2).

Du fait des liens et de la rivalité existant entre les deux clubs, une opposition annuelle traditionnelle a été mise en place au cours des années 20 entre leurs sections football, qui a duré un nombre indéterminé d'années...

Le principe

Une grande journée d'opposition entre les équipes du Racing et du Stade était organisée un dimanche libre de la saison. Le match entre les équipes fanions était dotée d'un trophée : le challenge Nicol (du nom d'un attaquant ciel et blanc international USFSA étant décédé accidentellement la décennie précédente), donné au vainqueur pour un an. Les autres équipes - plus ou moins d'une dizaine selon les éditions - jouaient également (la B contre la B, la C contre la C, etc...), avec également un trophée en jeu : le challenge Faure (du nom d'un attaquant international ciel et blanc décédé également accidentellement au début de la décennie), remporté par le camp ayant gagné le plus de matches. Le rugby avait son challenge équivalent ; pour les équipes fanion, il portait le nom de challenge Roffo : pour l'anecdote il s'agit d'un joueur de l'équipe de rugby de la fin du dix-neuvième siècle... qui a la particularité d'avoir aussi joué occasionnellement dans le onze mis en place par Burns en 1896-1897 !

Faits et anecdotes


Action d'un RCF-SF dans les années 20...
Le challenge Nicol s'est déroulé de façon certaine trois fois au printemps : en 1922, 1923 et 1924 (la trace des éditions suivantes n'a pas été trouvée dans la presse d'époque, sans que cela indique forcément qu'elles n'aient pas eu lieu). Les Stadistes l'ont remporté ces trois années.

Les challenges était couplés, et joués à Colombes. En 1922, le football a ainsi disputé le challenge Nicol sur le terrain olympique, les ovalistes enchaînant ensuite sur la même pelouse leur challenge Roffo. Les autres matches se jouaient sur les terrains annexes

Les éditions donnaient lieu à la fabrication de médailles commémoratives millésimées, avec mention des résultats.

Le futur président du RC Paris, Jean Bernard-Levy, a participé au Challenge Faure dans l'une des équipes secondaires du Racing.

L'ensemble des challenges impliquait plusieurs centaines de joueurs présentés au public... peut-être l'idée de montrer toutes les équipes du Racing lors des RCP-Arsenal plus tard est-elle née dans la tête de Bernard-Levy à ce moment ?

Sources des informations : presse de l'époque.