Les principaux joueurs, de 1928 à 1966

Mis en ligne le 2 février 2006 - Dernière mise à jour le 3 décembre 2023 - Temps de lecture : 5 minutes.

Il est impossible de donner la liste intégrale des joueurs ayant évolué dans l'équipe A du Racing au cours de toute son histoire (ils sont des milliers), cette page en évoque quelques uns seulement. Il ne s'agit pas nécessairement des meilleurs de leur époque, mais de joueurs dont le passage a été marquant ou important d'une façon ou d'une autre, ou ont aussi eu un parcours remarquable avant ou après leur passage en ciel et blanc. Seuls quelques repères et éléments clés sont donnés pour chacun, l'objet n'étant pas de faire leur biographie exhaustive mais seulement d'en faire un portrait sommaire (pour les internationaux, des informations complètes sont par ailleurs facilement accessibles sur internet, qu'il n'y a aucune utilité à doublonner ici). Cette liste est non-exhaustive et sera régulièrement enrichie. Elle est bien sûr également subjective, reflétant simplement le regard de l'auteur du site.

Quelques noms des pingouins qui ont fait la plus grande époque du Racing, débutée un peu avant le passage au professionalisme quand le président Bernard-Levy a changé la politique traditionnelle du club pour en faire un gros recruteur de talents, et poursuivie bien entendu à l'ère du RCP pro...

A l'époque de la LPFA et de la politique de recrutement massif (1928-1932)

Manuel Anatol (1929-1935) : arrière costaud venu d'Espagne, où il a joué à Bilbao et au Real Madrid, mais a aussi été champion d'athlétisme. Fait partie de ceux qui ont d'abord (ra)mené la section football du Racing CF aux sommets avant de continuer en professionnel avec le RC Paris - dont il était un des meilleurs défenseurs. Il fut également international français ; a d'ailleurs marqué un coup-franc de plus de 50 mètres avec le maillot bleu, contre la Suisse en 1930.

Edmond Delfour (1929-1937) : solide milieu de terrain repéré au Stade Français et recruté en 1929, Delfour devint au Racing un joueur cadre et un élément majeur de l'équipe de France. Il a notamment été aligné - comme Jordan - dans l'intégralité des matches de Division 1 de la saison du titre, en 1935-1936. A quitté le club à la rentrée 1937 suite à un conflit avec les dirigeants, quelques semaines après avoir connu le grand honneur d'être sélectionné (en étant encore un pingouin donc) par la FIFA dans l'équipe de l'Europe Occidentale pour un match de prestige contre l'Europe Orientale - il était d'ailleurs le seul français présent sur le terrain.

Emile Veinante (1929-1940 puis 1942-1943) : attaquant ayant passé près de quinze ans au Racing en cumulé (en amateur au RCF d'abord, puis en professionnel au RCP), après avoir fait ses classes à Metz. Surnommé "Mimile", il possédait une technique hors-norme (qui excellait sur les corners) et une intelligence de jeu extraordinaire, qui firent aussi de lui le cerveau de l'équipe de France sur le terrain. A fini entraîneur-joueur pendant ses dernières saisons au club.

Au RC Paris pro avant la seconde guerre mondiale


Hidden en action dans les années 30
Rudi Hiden (1933-1943) : gardien de la grande équipe d'Autriche du début des années 30, est venu au Racing en 1933 et a gardé les buts ciel et blancs jusqu'au milieu de la seconde guerre mondiale. Athlétique et souple, c'était une vedette de l'époque... avec les caprices qui vont avec ! Il lui est arrivé notamment de refuser de jouer plusieurs mois au Racing pour obtenir un meilleur salaire. Il était toutefois sans conteste une des pièces maîtresse du club avant-guerre. A connu également (un peu) l'équipe de France après avoir été naturalisé.

Auguste (Gusti) Jordan (1933-1948) : attaquant autrichien venu dans les valises de Hiden, naturalisé français quatre ans après son arrivée au Racing et qui a porté le maillot bleu ensuite. Avant-centre initialement, il est redescendu sur le terrain, pour devenir un défenseur de grande valeur et un pilier du onze ciel et blanc pendant des années. A fini sa carrière en amateur à Caen, avec qui il a recroisé la route du Racing en coupe de France. Il a ensuite entamé une carrière d'entraîneur, qui l'a amené à prendre en main le Racing dans les années 50.

Robert Mercier (1934-1938) : buteur redoutable, co-meilleur scoreur du premier championnat professionnel sous le maillot du Club Français, Mercier à rejoint le Racing après l'abandon clubiste de la scène pro en 1934. S'est mué immédiatement en goleador ciel et blanc (21 buts en 1934-1935), mais a vu son genou et sa carrière brisés durant la saison du titre dans un match amical contre Montevideo. Il tenta de rejouer un peu ensuite, mais ne retrouva jamais ses capacités et dut arrêter prématurément le football.

Au RC Paris pro après la seconde guerre mondiale

Ernest Vaast (1944-1952) : surnommé "Nénette", a rejoint le Racing après avoir débuté à Levallois. Une technique exceptionnelle et un buteur très efficace de l'équipe de France d'après-guerre (10 buts en 15 matches). A marqué 34 buts avec le Racing en D1 pendant les saisons 46-47 et 47-48. A été ensuite en conflit avec le club car il voulait partir au Servette, mais il est revenu au Racing après plusieurs mois puis est encore resté plusieurs saisons.

Roger Quenolle (1944-1952) : attaquant au tir percutant, repéré par Veinante au Vésinet, a été après la guerre un des symboles de la politique de recrutement régional du Racing. A plus tard été entraîneur de St-Germain, et de Poissy.

René Vignal (1947-1954) : meilleur gardien français dans les années 50, après la retraite de Darui (son modèle). Possédait un style spectaculaire et était adepte des sauvetages desespérés, dans un style l'exposant d'ailleurs à de fréquentes blessures.

Thadée Cisowski (1952-1960) : le meilleur avant-centre de toute l'histoire du Racing ? D'abord destiné au travail dans la mine comme son père, fut sorti de ce destin par le FC Metz, avant de rejoindre le Racing où il a atteint son meilleur niveau. Il a ainsi plusieurs fini fois meilleur buteur du championnat avec des totaux supérieurs à 30 buts. Est en parallèle recordman du nombre de buts marqués en un match avec l'équipe de France (5 buts). Tout le monde sait que Just Fontaine a établi en 1958 le record de buts dans une phase finale de coupe du Monde (13 buts), mais le destin aurait peut-être été différent si Cisowski n'avait pas été privé du déplacement en Suède pour cause de blessure...

Yeso Amalfi (1952-1955) : attaquant brésilien arrivé en 1952. Voyageur dans l'âme, avait joué auparavant à Sao Paulo, Bocca Junior, Montevideo, Nice, et Torino. Technicien exceptionnel et génial, c'était une star sur le terrain... et en dehors ! Un attaquant spectaculaire qui était en contrepartie moins présent pour défendre.

Roger Marche (1954-1962) : arrière solide et intraitable, longtemps recordman des sélections en équipe de France, est arrivé de Reims en 1954, et a fini sa carrière de joueur au Racing. A eu la particularité à un moment d'habiter et de s'entraîner seul dans son village natal de Mohon dans les Ardennes, et de ne rejoindre l'équipe que pour les matches !

Ernst Happel (1954-1956) : arrière international autrichien arrivé juste après avoir terminé troisième de la coupe du monde 1954 avec sa sélection. Il est resté deux saisons, avant de retourner au Rapid de Vienne, le club de son coeur. Après sa retraite de joueur, il a connu une carrière d'entraîneur prestigieuse, avec des titres de champion dans plusieurs pays, et deux victoires en coupe d'europe (à la tête de Feyenoord en 1970, et de Hambourg en 1983). Il a aussi amené les Pays-Bas en finale de la coupe du monde 1978. Après son décès, les autrichiens ont donné son nom à leur plus grand stade (ex-Prater de Vienne).

Joseph Ujlaki (1958-1963) : attaquant né en Hongrie, a rejoint la France à 19 ans, et devint international au début des années 50 après sa naturalisation. C'est cependant en passant de Nice au Racing en 1958 qu'il a atteint la plénitude de son jeu, caractérisé notamment par une frappe de balle énorme. A notamment marqué 57 buts en D1 sous le maillot ciel et blanc dans ses trois meilleures saisons, de 1959 à 1962.

François Heutte (1959-1964 puis 1969-1972) : attaquant international élégant et percutant, il est arrivé chez les ciels et blancs en 1959 en provenance de Lille, puis est parti à St-Etienne après le titre manqué en 1962. Après être passé à Reims et de nouveau à Lille, il est plus tard revenu finir sa carrière à Colombes dans le RCF amateur à partir de 1969. Il a alors terminé deux fois meilleur buteur de l'équipe, qu'il a aidée à remonter en D3 en 1970.

Henri Biancheri (1964-1966) : milieu de terrain très expérimenté (champion et vainqueur de la coupe avec Monaco), est venu par un concours de circonstances inattendu renforcer le Racing lors de la descente en D2 de 1964, étant en fin de carrière et ayant trouvé une situation professionnelle à Paris. A été ainsi, avec un contrat amateur malgré un statut d'international, le "grand frère" de la jeune équipe qui s'est enfoncée dans le bas du classement de D2 en 1965 et 1966.

Sources des informations : presse de l'époque avant les années 80 (ensuite, le parcours est contemporain de l'auteur).