L'historique des stades occupés par le Racing

Mis en ligne le 12 août 2022 - Dernière mise à jour le 3 décembre 2023 - Temps de lecture : 3 minutes.

S'il est communément admis que le stade de Colombes constitue l'antre traditionnelle du Racing, la réalité historique est un peu plus nuancée pour ce qui est de la réception des matches de championnat. De Levallois à Versailles, en passant par Paris, St-Ouen, Boulogne et d'autres villes, le club a en fait joué à domicile en différents endroits au cours de son existence, même si Colombes est bel et bien son ancrage traditionnel et constant depuis le début du 20ème siècle (voir article dédié)...

Les tout débuts

Le berceau de la section football du Racing ne se situe ni à Colombes, ni à Paris, mais à Levallois. Le premier terrain utilisé par les ciels et blancs à l'automne 1896 était en effet celui de la place Coullange (qui n'existe plus aujourd'hui), partagé d'ailleurs avec les rugbymen. Les Racingmen y ont disputé leurs premiers entraînements, mais pas leurs premiers matches de championnat, qui se jouaient sur terrain neutre en 1897. C'est la saison suivante, avec l'instauration des rencontres aller-retour, que le Racing a commencé à y recevoir effectivement ses matches à domicile. Ce stade comportait de grandes tribunes, ce qui n’était pas si courant que ça à l’époque, et valait au RCF d’être régulièrement sollicité pour le prêter à d’autres clubs en vue d’affiches importantes.

L'équipe a ensuite déménagé régulièrement au début du 20ème siècle, recevant ses matches de championnat dans l'ancien Parc des Princes, au stade Buffalo (porte des Ternes), au stade de Bécon-les-Bruyères (Courbevoie), dans celui dit du Tir aux Pigeons et celui de Bagatelle (dans le bois de Boulogne).

La première époque Colombes

C'est en 1908 que l’équipe se mit à recevoir de façon durable dans le stade du Matin, situé à Colombes, qui n'est autre que le futur stade Yves-du-Manoir. Le stade était déjà à cette époque un grand complexe sportif abritant plusieurs terrains, et le Racing n’était pas le seul à y évoluer.

Ceci dura jusqu’en 1932 (le stade devenant au cours de cette période la propriété du Racing, puis un stade olympique à l’occasion des jeux de Paris), avec une exception notable de quelques années au tournant des années 20, où l’équipe reçut ses matches de championnat dans le stade de la rue Olivier de Serres, dans l’Ouest parisien. Contrairement à ce qu’on pourrait penser aujourd’hui, cette délocalisation n’était pas liée aux travaux du stade de Colombes pour les JO 1924, étant antérieure et motivée en fait ouvertement par la volonté d’attirer plus facilement du public.

La période du RC Paris

Le passage au professionnalisme en 1932 mit la question des affluences de façon encore plus criante au coeur des préoccupations des clubs, les recettes guichets étant leur unique ressource financière à l’époque, indispensable pour payer les salaires. Si le RCP, même émancipé du RCF en devenant professionnel, disposait de l’usage du stade de Colombes, l’éloignement de Paris ne favorisait toujours pas la venue du public et amena les dirigeants à préférer autant que possible jouer dans la capitale ou en bordure.

Match du Racing au Parc en 1935...
Mais la concurrence avec les autres clubs pour l’utilisation des installations entraîna l’absence d’un lieu unique pour recevoir les matches de division 1 dans les années 30, et c’est ainsi que le RC Paris fut un peu un sans-domicile fixe jusqu’à la guerre, organisant ses matches à cinq endroits au gré des affiches et des possibilités : au stade Jean Bouin, au Parc des Princes, au stade de St-Ouen, au stade Buffalo (celui de Montrouge, différent de celui de Porte des Ternes au début du siècle), et au stade de Colombes.

Après la guerre et jusqu’à sa chute au milieu des années 60, le RC Paris reçut par contre ses adversaires très majoritairement au Parc, qui devint son domicile de prédilection en championnat.

La seconde époque Colombes

Après la disparition du RCP en 1966 et la re-création de la section football du Racing Club de France en amateur, l’équipe rejoua de façon naturelle et exclusive au stade du Manoir.

La période Matra

Dans les années 80, le Racing de Lagardère joua également à Colombes au début en division 2, mais alla s’installer au Parc (partagé avec le PSG) lors de son retour en division 1 en 1984. Comme quelques décennies auparavant, il s’agissait d’y faciliter la venue du public. L’équipe y évolua jusqu’en 1990, et la rétrogradation volontaire en division 3.

Depuis les années 90 (troisième époque Colombes)

Le Racing, sous ses différents noms et structures, rejoue à Colombes depuis 1990, sur le terrain Olympique ou le terrain Choine selon les saisons.

L'intermède Versailles et Boulogne-Billancourt

Lors de la saison 2022-2023, le Racing a reçu à partir de l’automne au stade Montbauron de Versailles, dans les Yvelines. Ce déménagement surprenant au regard de l’histoire du club n’a été en fait que temporaire et imposé par la nécessité, Yves-du-Manoir devenant à ce moment indisponible jusqu’en 2024 du fait des travaux pour les JO, et les dirigeants n’ayant pas trouvé de solution de repli plus proche de Colombes. Le stade versaillais (qui, clin d'oeil de l'histoire avait été construit dans les années 60 et inauguré par un match amical RCP-Reims) accueille encore quelques matches pour la saison 2023-2024, le Racing ayant toutefois dû chercher encore une autre enceinte de repli principale du fait des réglements fédéraux. C'est ainsi au stade Le Gallo de Boulogne que les ciels et blancs accueillent majoritairement leurs matches de compétition en 2023-2024.

Bilan

Si Colombes est le lieu historique de vie et d’entraînement du Racing depuis plus d’un siècle, l’équipe a en fait élu domicile pour jouer ses matches de championnat dans une dizaine de stades différents au cours de son histoire. Colombes est tout de même bien l’endroit où il a évolué le plus souvent, mais pas tant que ça dans ses heures les plus glorieuses, les exploits (ou non) ciels et blancs en division 1 dans les années 30 à 60, puis 80, ayant majoritairement eu le Parc pour théâtre.

Vue large du Stade de France, lors du RCP-Monaco de 2000...

Notons quand même que le Stade de France aurait aussi pu s’ajouter à la liste des stades occupés par le Racing dans son histoire, le club ayant obtenu en 1998 auprès des pouvoirs publics le statut de co-résident, avec le droit d’y jouer une dizaine de matches par saison s’il revenait dans le championnat professionnel. Mais il n’y est pas parvenu les années suivantes, et cela ne s’est donc jamais fait, même s’il y a reçu un match de coupe (contre Monaco en 2000).

Sources des informations : presse de l'époque avant les années 80 (ensuite, le parcours est contemporain de l'auteur).